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Transformer le marché du carbone en un marché d'investissement

La situation actuelle

Au cours des 18 derniers mois, l'accent a été mis plus que jamais sur les marchés volontaires du carbone en tant qu'outil essentiel pour combler le décalage important entre les objectifs de l'accord de Paris, les engagements pris par les pays et la science du climat. Collectivement, nous devons réduire les émissions de 50 %, de 50 Gt à, au maximum, 25 Gt par an d'ici à 2030, pour être en mesure de limiter le réchauffement à 1,5° Celsius d'ici à la fin du siècle. Les engagements actuels entraîneront une augmentation de 16 % pour atteindre 56 Gt, ce qui signifie que nous atteindrons 1,5° d'ici à 2030. Une action volontaire à grande échelle peut contribuer à combler cet écart à court et moyen terme. Toutefois, pour y parvenir, le marché volontaire du carbone devra évoluer rapidement, en conservant sa rigueur tout en passant d'une industrie artisanale à un marché de qualité.
En 2020, Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre, et Bill Winters, PDG de la Standard Chartered Bank, ont réuni le groupe de travail sur la mise à l'échelle des marchés volontaires du carbone afin d'examiner et de résoudre les problèmes qui empêcheraient le marché de croître de 15 à 100 fois pour combler cet écart. Ce processus a donné lieu à la création d'un nouvel organe de gouvernance, lancé en septembre 2021, chargé de définir les principes fondamentaux en matière de carbone auxquels les projets peuvent se conformer, ce qui constitue une référence élevée en matière de qualité. Mais cela n'a pas permis de relever les défis liés à la complexité du processus d'achat. JustCarbon peut relever ce défi, tout en tirant parti du travail du groupe de travail.

Législation et facteurs sociétaux

L'objectif de l'Accord de Paris est de limiter le réchauffement climatique à, de préférence, 1,5° Celsius, par rapport aux niveaux préindustriels.
Pour atteindre les objectifs de réduction des émissions et favoriser le changement structurel des économies vers des activités plus propres et durables, les gouvernements des pays responsables de plus de 95 % des émissions mondiales ont introduit et continuent d'introduire un éventail croissant de mesures d'atténuation et d'adaptation, notamment :
  • la tarification du carbone
  • Les subventions à la technologie et à l'innovation
  • Normes de performance
  • le financement public
  • Politiques de marchés publics
  • Accords internationaux
Il s'agit d'un mélange d'approches réglementaires économiquement incitatives et prescriptives. Elles sont à l'origine des avancées technologiques qui rendent la transition vers une énergie propre et d'autres options de réduction des émissions réalisables et abordables. Chaque politique introduite crée un nouveau marché ou affecte un marché existant.
Malgré ces progrès, au vu de la trajectoire actuelle des émissions de CO2 dans le monde, l'objectif de l'accord de Paris semble au minimum ambitieux et, à la suite de la COP26, la conférence des Nations unies sur le changement climatique de 2021, une pression intense et urgente s'exerce pour aller plus loin. Cependant, atteindre la neutralité carbone ne permet pas d'éviter ni d'inverser tous les impacts sociaux et économiques négatifs du changement climatique. Il est de plus en plus reconnu que le monde doit passer à des émissions négatives nettes pour nettoyer les émissions passées qui, sinon, continuent de contribuer au changement climatique.